Une famille de constructeurs: Les Guilbault
1,054 views · Published 5 May 2016 · 6:45 · Indexed 23 October 2026
Channel: Stephane Tessier · 2016 · Education
L’empreinte d’une famille : Les Guilbault Plusieurs bâtiments anciens situés sur l’ancien territoire du Sault-au-Récollet, plus spécifiquement sur Gouin, ont été construits par une famille de constructeurs et de maçons : les Guilbault. En milieu rural au 18e et 19e siècle, il est bien difficile de suivre et de connaître l’ampleur de la carrière d’un artisan. Plusieurs ententes sont faites de gré à gré verbalement. Des contrats et de la documentation, nous permettent de savoir que Charles Guilbault et son fils Pierre ont été bien connus et possédaient une bonne réputation. Charles construira l’église de la Visitation de 1749 à 1751. Elle est la plus ancienne église restante de Montréal et la dernière église construite au Québec sous le régime français. On l’agrandit en 1851 en lui ajoutant une façade réalisée par John Ostell. À l’origine, elle n’avait qu’un seul clocher. Sur les côtés, on remarque une différenciation dans le type de pierre : la partie d’origine est en pierre des champs en moellons. Puis à l’avant de la pierre de taille propre du 19e siècle. Son fils Pierre bâtit une église à Sainte-Rose, à Laval, en 1788. Elle sera remplacée par l’église actuelle dans le vieux Sainte-Rose en 1856. Au 4251 Gouin Est, on retrouve une habitation construite vers 1770 par Pierre Guilbault : la maison Brignon-dit-Lapierre. Auparavant, son père Charles avait construit une maison sur ce site vers 1742. Pierre qui avait une famille qui s’agrandissait l’a remplacé par une habitation plus grande. À partir de 1814, cette maison appartiendra à trois générations de Brignon-dit-Lapierre jusqu’en 1912. En faisant l’acquisition, les Lapierre ajoutent un mur mitoyen à l’intérieur qui l’a subdivise en deux logis. Une porte sera ajoutée en façade du côté Ouest où il y avait une fenêtre à l’origine. Cette fenêtre nous aurait rappelé la disposition asymétrique typique des constructions de cette période. La façade a été complètement refaite : en remplaça la pierre des champs par de la pierre de taille. À partir de 1912, cette maison rurale sera grandement modifiée afin d’en faire une maison urbaine avec l’ajout des fenêtres lucarnes en continues afin de gagner de l’espace et de la lumière au grenier et on ajoute une nouvelle section du côté Est. Au 4005 Gouin Est, on retrouve une habitation construite vers 1790 par Joseph Guilbault. La famille du maire de Montréal-Nord, Joseph Dufresne y a vécu dans les années 1930. Sa toiture qui recouvre peu ou pas l’entrée dont le seuil de porte est à ras le sol. Ainsi, lors d’une bonne tempête, la neige glissait sur la toiture et tombait devant la porte qui était dès lors bloquée. Quoique très belles, les maisons de ce style étaient peu adaptées pour les hivers d’ici. On aperçoit au 4065 Gouin Est, la maison Jean-Baptiste Guilbault. Construite vers 1816, elle possède toujours comme bien des maisons de cette époque plusieurs caractéristiques de la maison coloniale française. Sa toiture peu prolongée, le peu d’éloignement du seuil et de la porte du sol et la disposition asymétrique des fenêtres. Les fenêtres lucarnes ont été réunies pour en faire une seule grande fenêtre lucarne continue. Ce qui est typique de l’adaptation et de la transition d’un mode de vie rural vers l’urbanité. La toiture est en baguettes, c’est-à-dire fait de tuiles galvanisées en longueur. Au 4525 Gouin Est, on y retrouve la maison Laurent Guilbault construite vers 1835. Cette maison affiche une façade en pierre de taille et a de la pierre des champs sur ses côtés. On mettait en évidence la pierre de taille plus coûteuse et considérée plus noble et plus esthétique Ceci était une pratique courante dans la première moitié du 19e siècle. Du côté Est, on y voit un ajout très réussi et bien en harmonie avec la maison. Cette partie, nous rappelle que les maisons en milieu rural possédaient un hangar pour y remiser le matériel et outils agricoles et qui pouvait servir à loger des employés temporaires lors de la période des récoltes. Contrairement à d’autres, cette maison a conservé ses fenêtres lucarnes qui percent la toiture. En 2015, l’arrondissement et la société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord ont eu la belle initiative de faire installer devant plusieurs maisons patrimoniales des panneaux racontant leur histoire. Mai 2016 www.stephanetessier.ca
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